la grande fille

13 mars 2014

Coup de ♥ est un euphémisme

Only Lovers Left Alive
un film de Jim Jarmush

Mots clés : vampire/zombie - savants - esthètes - littérature & science - solitude - spleen & idéal - 21ème siècle -  Amour comme antidote au désenchantement - vie plutôt que suicide - Rock'n roll - esprit chevaleresque. 

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12 février 2014

Silence, ça tourne !

La roue de la fortune 1875-83
E. Burne-Jones
Musée d'Orsay - Paris

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11 février 2014

::..//Naked Naked//..::

Marseille.
Janvier 2014.
C'est au J1. Une exposition remarquable sur Le Corbusier et le brutalisme.
Il y a cette photographie du maître dans le Cabanon de Roquebrune.
Puissante.
Comme ce corps, puissant au point de résister aux hélices. Vaincre le moteur, vaincue la mer.
Quand la main glisse sur la chair cabossée, elle appréhende des ruptures et des montagnes ; un corps abîmé, rugueux, mais communicant et beau.

Le Corbusier me laisse sans voix. Son Oeuvre (l'idée n'est pas d'aimer ou non), me sidère par son envergure, sa volonté de totalité.
Je regrette tant d'époques... mais c'est relatif bien entendu, plus que jamais pour cette époque ci.

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09 janvier 2014

Jacinthes

En janvier, la jacinthe remplace le coquillage sur son piédestal... mais la vie du cabinet de curiosité se poursuit.

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07 janvier 2014

Swatch "Années Folles"


Une collection qui a déjà fait chauffer ma carte bleue... Légèrement prévisible ! J'ai choisi une petite montre-bracelet écaille ; hummm ! un bijou Art Déco tchiiip mais qui fait de mal à personne n'est-ce pas ?
De 45 à 100€ (les skin) pour se la jouer Daisy ou Gatsby selon le genre. 

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03 janvier 2014

Inukshuk (work in progress)


Photographie Nathalie Gouet
d'après Muriel Poteries.

Le « scandale » avait fini d’achever sa réputation d’homme étrange. Amaruq était beau, devait avoir dans les trente ans, était silencieux, calme. Anoki, sa femme goûtait cycliquement les senteurs des autres, butinant les nouveaux corps quand changent les  saisons. Dans la tribu, il était difficile de l’ignorer. La dernière orgie avait cependant plus profondément impressionné le derme et Anoki avait fugué suivant l’ogre, laissant Amaruq comme un veuf. Veuf dont tous avaient pitié.
Hiver dans le grand nord américain. Froid et glace ; et rien. L’ennui. En quarantaine des autres un peu de son fait, beaucoup par leur pudeur, Amaruq resta d’abord longtemps cloîtré chez lui, perdu en sa propre demeure. Rester sur place. Mon fantôme flottant se reconnectera avec moi-même. En vérité, le calvaire psychique subit par le cerveau ne cessa point et Amaruq lorsque les jours commencèrent petit à petit à rallonger finit par sortir par la grande porte sa canne à pêche, son seau et sa longue perceuse à la main. Les villageois étaient rassurés à l’idée de le voir reprendre une vie, aussi dénue de lien social fut-elle. Amaruq souriait intérieurement. L’attirail fonctionnait bien. Il ne pêcherait aucun poisson. Il aimait simplement marcher sur la banquise, partir loin, loin, au delà des inukshuks*, là où il n’y a plus rien, que le blanc et le silence. Alors, au confins du monde, il y a une place qu’Amaruq a faite sienne. Il y pose son seau qu’il retourne en guise de tabouret, perce la glace pour atteindre l’océan glacial et à travers la lucarne regarde…  
L’autre côté du miroir. Les poissons passent à toute vitesse dans le noir, brillants en robe gorge de pigeon. Certains montaient plus en haut pour saluer le monde d’un gros œil visqueux. Et puis il y avait celui-là qui revenait toutes les fois, plus argenté et dont les écailles s’ajustaient en nuances pour dessiner une tête de mort. Il ondoyait selon une danse macabre et Amaruq pris de mélancolie reconnaissait à travers lui Anoki, allongée dans les flots ou le dos cambré dans le remous. C'était étrange comme toutes les fois ils venaient se saluer l'un et l'autre, le poisson et l'homme ; l'homme et la femme ? 
Le grand blanc. Passés les premiers jours, cela faisait maintenant des mois qu'Amaruq revenait les mains vides. Pourquoi ce vide ? Sur un simple soupçon, un matin, trois gaillards filèrent Amaruq comme l'auraient fait des gars de la police. Ils furent surpris de voir combien le veuf repoussait les limites de la marche et qu'il sortait même du territoire administratif légal. Deux heures plus tard, ils le virent se pencher et regarder. Il donnait l'impression de chercher quelque chose sous la glace, mais à cette distance il fallait surtout reconnaitre qu'on n'interprétait pas grand chose à la scène. Puis Amaruq se releva et repris la route jusqu'à croiser un inukshuk étrange que les trois garçons n'avaient jamais vu. Là, il avait manifestement atteint son but. Il posa sa cane à pêche, la perceuse et le seau, puis se prosterna face au géant. Pour les espions, qui avaient le souffle coupé sans avoir compris grand chose, il était temps de rentrer.






*Empilement de pierres géométriques qui forment un géant et qui a pour but d'indiquer le chemin dans la banquise. 

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11 décembre 2013

Le livre dont Brune est l'héroïne

En route pour la tour Eiffel (chez Hélium), 
une bien jolie histoire écrite et illustrée avec goût par Iris de Moüy.
LGF plébiscite le graphisme à la "Mimi Cracra"
et ne peut qu'approuver le choix novateur du prénom
de la petite protagoniste principale ;) 
À mettre entre toutes les petites mains !
Dès 3 ans.

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10 décembre 2013

Grande et Petite Fille

LGF and Co Clone
16 novembre 2013

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09 décembre 2013

MOMA

Un petit bout de temps que je voulais parler des deux cheeseburgers (two cheeseburgers with everything, 1962) de Claes Oldenburg. Lors de notre virée d'une semaine à New York, le MOMA réservait un espace temporaire au fameux artiste Pop Art, un vrai délice. 
Mon seul regret, ne pas avoir pu emporter un bout de junk food ! Plus étonnant encore la boutique du musée n'en propose même pas de mini réplique ; dommage car ces sandwiches sont vraiment hyper graphiques et rigolos. 

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05 décembre 2013

Réflexion faite...




Pourquoi les héros de dessins animés sont-ils des ânes ?




Oxymore ?
Paradoxe ?
Antithèse ?
Éclairez-moi !



Ariol,  l'ânon impertinent de Marc Boutavant ♡ (papa de Mouk)et l'espiègle Troto ✌ de Bénédicte Guettier.



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04 décembre 2013

Découverte

Un clic par hasard et j'achetais ce disque absolument envoutant. Gothico-folk-je ne sais pas trop quoi mais très beau. Une Murat féminine sur platine qui depuis réception tourne sans cesse. Joli, très joli. Doux (piano, violon), mystérieux et harmonique (orgues, cloches). Juste la puissance (guitares, cuivres et percussions) utile pour calibrer le tout... 

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01 novembre 2013

Frappez fort #3



H. CRAIG HANNA
Femme couchée, Lavis, fusain, acrylique et Pastel Gras, 50x60 cm, 2011

Cela commençait calmement ; les choses se présentaient bien. Rares étaient les matins où déjà pointait le tumulte. En règle générale c'était la tombée du jour qui appelait la folie. Cela remontait à quelques mois, un année en somme. Un phénomène récent. La nuit ramenait les peurs à la surface. Jadis Kelly réussissait à les combattre ; aujourd'hui elle se hérissait, courbait le dos puis rentrait les griffes, pétrifiée par ses propres pensées négatives.
Marc, passé l'énervement, s'était arrondit et plié au nouveau style de vie de sa femme. Sans y avoir pris goût il avait appris à vivre au gré des paniques nocturnes kellysiennes. Il ignorait leurs raisons et ne les cherchait plus. Afin de se tenir à distance et mieux se protéger il préférait les déferlantes de mépris ou la condescendance hurlée. Plus jeune, il l'avait aimée pour son allant et sa force d'aller conquérir la vie. Et puis elle portait tellement le charme à fleur de peau.
Maintenant, il aimait son petit visage.

Passée la passion, il restait la tendresse. Le couple subissait les évolutions, il y avait tant d'autres sujets.
À tort ou à raison, l'un et l'autre étaient aspiré par "le job". C'était l'âge, l'âge de la défonce. Il fallait y aller et l'entailler le sol avec ses petites dents de chien. Les anciens avaient l'air de dire qu'on se rattrapait plus loin, de la vie, de la famille et de tout. Cependant le matin ce n'était plus eux qui claquaient la porte sur le visage du petit, littéralement inondé aux bras de la nourrice.
La machine était lancée, on devait éviter les questions.
"Autres voies possibles ?"
Rapide examen de conscience/artificiel réconfort.

Depuis le départ Kelly considérait la vie comme un canevas ; l'enjeu y était une parfaite maîtrise du tissage. Mais remplit au forceps selon des motifs d'une extrême exigence, la toile étouffait par les fils de tous ses orifices.
Marc avait classé ses rêves sans le moindre sacrifice tirant meilleur bénéfice d'une situation professionnelle ascensionnelle. Au fond il avait fait un choix et l'assumait parfaitement. Les dérangements d'une semaine dépassant largement les cinquante heures se noyaient comme passe la pilule.
Kelly n'allait jamais convaincue : au fond de l'escarpin se logeait toujours un minuscule silex piquant le cuir du pied, invisible minéral/cadence claudiquante.

Fin janvier, les tâches se densifiaient à la "boîte". Sur le secteur "Europe de l'Est" tout était à consolider. Les semaines à l'étranger s'annonçaient. Merchandise manager. C'était le boulot. Départ immédiat pour valise-avions-hôtels-humains.
Le vendredi les roulettes revenaient sur le parquet et maman sur les rotules. C'était dans ces circonstances qu'on devait pourtant profiter de tout : samedi/dimanche ; l'enfant et le mari. Vite quitter le premier costume et enfiler l'autre, 100% hypercontrôle. Tissu "tout sourire, trame humeur de rêve en couleur dynamisme"; qualité irréprochable qui "ne bouge pas au lavage".
Pas de latence. Les mailles s'enchaînaient complétant la grille, dessus, dessous, tirer le fil.
Le temps se divisait injustement : la portion congrue revenait aux êtres aimés et le week end finissait toujours plus entamé par l'impact dépressiogène des jours le précédant.

Ce que l'hiver pouvait être long. Long et froid. Froid et gris. Et triste.
Lorsqu'elle se retrouvait seule, entre deux espaces géographiques à marcher dans le décor urbain, elle ressentait une immense tristesse remonter du tréfonds. Parfois et sans nulle raison lui montait les larmes à fleur d'yeux. Autant que possible elle marchait pour sentir cette connexion à la terre. Ses semelles fines lui laissait passer de délicates sensations ; il y avait les grandes foulées dans l'herbe, les brindilles et les petits cailloux. C'était encore ce qui lui restait de vie et dans ces ballades où elle oubliait les bagages qu'elle tirait mécaniquement, son esprit repassait sempiternellement le fil de sa pauvre existence. Bien sûr elle réalisait combien il semblerait aux autres que ses plaintes puissent être illégitimes, voire celles d'une grande enfant gâtée. On lui avait déjà sorti le "coup de la cage dorée" dont elle seule avait la clé... Comme les Autres manquent d'empathie pensa t-elle bien fort.
Arrivée à la Gare un peu en retard sur l'heure de départ, Kelly pressa son pas. Écran de signalisation/quai/fracas/coup de sifflet. PLEURS.
Kelly pour la première fois de sa vie venait de râter son train et le monde basculait Dieu sait où. Trente minutes incontrôlables. Puis de longues autres légèrement mieux maîtrisées. Les appels d'urgence, puis le retour à la maison.

Incapable ?
L'appartement était vide. Jour de crèche pour le bébé.
Les amis avaient franchement mal diagnostiqué le problème qui n'était pas une cage mais un vase. Un vase dont cette histoire de train était l'ultime goutte qui le fait déborder. C'était quand même "incroyable d'échouer à ce point" : d'être mauvaise épouse, mère (la question commençait à se poser), inapte en logistique des transports bref, nulle à tout.

Le dragon des pensées noires vint la chasser de jour et l'absence de Marc la laissa seule sans son Siegfried. Rongée par l'angoisse et ses propres peurs elle se lança dans une macabre danse, allait et venait d'une pièce à l'autre chercher tissu, papier, crayon ou comprimés. Elle préparait sa mort et la mise en scène du corps. Organisée quoiqu'elle dise, elle pensait sur un carnet à toutes les tâches et les numérotait dans l'ordre pour ne rien oublier et éviter les désagréments sordides. "Se coiffer+ se maquiller un peu"/"Préparer linges en cas de sang". Mais de sang il n'y en aurait pas. La mort se ferait par absorption d'une dose déraisonnable d'aspirine. Elle mit de l'ordre dans ses papiers et dans sa penderie éliminant les tenues déjà mortes, puis se dirigea vers la salle de bain. À grand bruit elle remplit la baignoire, ni trop peu, ni au point de s'y baigner tout entière, puis, elle pris un papier et un crayon et inscrit : "Fais attention avec le Petit je suis MORTE". Elle plia en deux le papier, le scotcha sur la porte d'entrée et procéda. Capable.

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26 octobre 2013

Lecter me délecte

Pluie de compliments sur la série Hannibal.
Pas habituée au genre, je tourne cependant le bouton de la télé et me cale devant. C'est du bon on a bien fait de le lire ici, là et partout. Moi j'ai déjà craqué à peu près 46 000 fois pour Mads, ce sera donc la 46 001ème... mais j'avoue qu'avec sa petite combi-vinyle qui-te-salope-pas-l'costar, sa vision me fait littéralement fondre et plisser de rire.
vivement la saison 2 sur Canal + Séries.

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25 septembre 2013

En septembre...

Fleur de Lis - Robert Lewis Reid (1862–1929)
MOMA, New-York, 1895–1900 - Huile sur toile.
J'ai vu les flammes de l'enfer me caresser le dos. 
Parfois j'ai l'impression que je nais.
J'ai tellement peur que je n'ose le penser ni presque le dire. 
Tout est si précaire et ténu
Ici bas.  

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30 août 2013

Madeleine


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10 juillet 2013

La fabrique à gynécée

Filles à la vanille qu'ils disent...
Avoir une fille oblige parfois à un léger retour sur soi !
C'est en glanant et mettant en place l'attirail à jouer de B. qu'un matin effarée je réalise que je lui bricole, tel le petit oiseau brindille après brindille un véritable gynécée. B. vit dans un petit monde clos ultra féminin où l'homme est secrètement tenu à distance :
Une dizaine de Barbie, pas un Ken ;
Une crèche d'anges-filles et de fillettes ;
Des affiches, huiles du même genre...

Quelle étonnante peinture sucrée suis-je entrain de réaliser ? 
- LACAN,  à moi !

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30 juin 2013

J'y ai filé des marrons !

Monoprix a tout compris : on déteste faire les courses !
D'autant que pour nous pauvres parisiens piétons cernés d'une supérette tous les 500 mètres, aller aux courses figure parmi nos actes quotidiens. Litre après litre, nous remontons eau et lait, pâtes et livre de fruits... Oui mais stop ! Là s'arrête la cosetterie, car le monop a décidé d'arrêter de se foutre de nous et à placé des centaines de super beaux produits partout dans ses rayonnages ! Ma carte bleue en fait régulièrement les frais, mais que diable, c'est encore le moyen de rester une mère de famille convenable et de revenir certes avec du vernis à ongle... mais aussi du pain !
Pour votre plaisir (et en cachette ce midi, comme une grande sans l'aide de personne) j'ai testé ce midi la glace façon MONT-BLANC inspirée par la célèbre pâtisserie du salon de thé Angelina. À laisser fondre un bon quart d'heure, c'est encore meilleur : de vrais morceaux de marrons, des éclats de meringues... Pour les gourmands, un péchés. 
Pour la note, un peu plus de 6€50 le pot de mémoire.
Réalisée par les Glaciers Pedone, maison établie depuis 1959. 
Existe aussi un parfum chocolat, à tester prochainement !

NB : la touche Art Déco du boîtage est l'atout maketing... moins de 30 secondes pour mettre cette glace dans le panier !

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29 mai 2013

New York City

Règle n°1 :
Pour arpenter le bitume new yorkais au top.

Se la jouer Tess Mc Gill avec la coupe sauvage + le perfecto + le maxi foulard + les Reebook freestyle high top. 
Tout sur fond années 80 : on hésite pas à marier les motifs qui ne s'accordent pas : fleurs et pois par exemple. 
Empire State Building à minuit.
Règle n°2 : 
Ne jamais prendre des vessies pour des lanternes. 

À Paris le printemps est dégueulasse... à NYC aussi. Bref, tous tes rêves s'envolent : faire un jogg' à central park dans tes nouvelles Asics fraîchement acquises sur Bryan Park, trinquer à l'air libre d'un roof top, te dorer la pilule à Coney island... Ouais mais TOUT le reste c'est déjà tellement GÉNIAL !
Top of the rock à la mi journée.
Règle n°3 :
Le Mimile à casquette.

Fort de tous tes préceptes, auxquels tu as beau tenir comme à ta vie, à la fin du séjour, entre le froid de canard et l'amoncellement de sacs atroces, t'as flingué la règle 1 : ton look.
Tu ressembles donc à un pauvre k-way effondré dans le fauteuil Art Déco d'un palace (trouvez l'intrus), pas joli-joli.
Promis la prochaine fois, j'me tiendrais mieux, quand je serais vraiment grande quoi !
Lobby du Waldorf Astoria.

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25 avril 2013

Ne m'appelez plus jamais Brunette

Gerda Taro par Robert Capa. 
Espagne, 1936.
Tu t'appelles Brune.
Affectueusement ils t'appellent "Brunette" ;
Ils t'envoient des fleurs mais dans mes oreilles résonnent les tirs de trente sept.
Brunete, province de Madrid. Juillet.
Gerda Taro va laisser sa peau sous un char.

Brune,  à Brunete les nôtres ont pris tant de balles.

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13 mars 2013

Holi Hai होली

En Inde le printemps se fête en couleurs.
C'est HOLI.
Pendant deux jours les uns et les autres se prennent pour cibles et se visent avec des pigments de peinture. Le pays devient un immense terrain de jeu. Chacun s'excuse ensuite : un autre GRAND PARDON ou toutes les castes se mêlent 48 heures au moins.
Du vert pour l'harmonie, de l'orangé pour l'optimisme, du bleu pour la vie et du rouge pour l'amour !

Je suis en manque d'Holi day, moi.

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20 février 2013

Correspondances


Il y a Zola à Medan.
Allongé sur le flanc. Pimpin là, tout contre, sage sous le bras.
Chapeau brillant comme métal, un autre dormeur du Val ?
L'écrivain a ordonné la photographie ; l'épouse actionne le déclencheur.
Un "tac" dans la chambre noire ; à jamais dans l'herbe.

Il y a Ophélie se reposant*.
Elle ne fait pas partie de l'exposition (il s'agit d'une exposition photographique).
Cette peinture surgit de soi ; dans l'esprit.

Ressemblances.
Étonnantes.

J'ai observé 100 chefs d'oeuvres (thème de l'exposition qui se tient actuellement à la BNF - La photographie en 100 chefs d'oeuvres).
Époques, sujets variés : une collection très hétéroclite parmi laquelle 2 clichés ont retenu mon attention : un portrait signé Callahan (j'y reviendrais certainement un jour) et celui de Zola pour les raisons que chacun a déjà comprises.
Cet après midi là, devant ce petit cadre, qui plus est celui qui clôt l'exposition (n°100), là dis-je, j'eus la sensation d'être incarnée. Tout doucement ; par le coeur. Un petit bonheur soulevant imperceptiblement la cage, enveloppé de doux, de bienveillant : un instant.

Je n'idolâtre pas Zola, mais suffisamment son temps littéraire pour que la chimie opère, piochant dans ma mémoire ces bribes de correspondances et entre en fusion !
Ô Cerveau-fou ! Organe-archive ! Que jamais ne cesse !

* John William Waterhouse, Coll. privée, 1889.

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26 janvier 2013

❤ ❤ ❤

Trois coups de coeur pour le dernier Tarantino.
Rien à rajouter comme le parfait alcool se déguste sec, le café sans le sucre, il faudra VOIR Django unchained et se dispenser du blabla autour. 
À déguster au creux de l'hiver, au chaud d'un fauteuil de cinéma. 
Trois coeurs pour Christopher Waltz qu'LGF ad❤re de plus en plus.

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10 janvier 2013

Bizarre, vous avez dit bizarre ?


L'Ange du bizarre. Le romantisme noir,

de Goya à Max Ernst

Dante et Virgile aux enfers, William Bouguereau 1850.

5 mars - 9 juin 2013
Musée d'Orsay

On nous promet du sérieux : 200 peintures, dessins et sculptures de la fin du XVIIIème au début du XXème. Sont attendus Füssli, Munch, Blake et tous ces autres artistes-fous, amateurs de vampires, sorcières et monstres informes.

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08 décembre 2012

"Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou"

Bohèmes.
Il y a des idées reçues. On pense XIXème, Baudelaire... et puis il y a l'entrée immédiate dans une exposition qui débute à la source. Évident mais cela ne m'avait pas sauté aux yeux de prime abord : Bohème = bohémiens. Le tsigane, la cartomancienne, les vagabonds et mendiants... c'est d'eux dont nous allons parler ! Ils inspirent déjà Léonard de Vinci et de fil en aiguille nous promènent jusqu'au XXème siècle définissant au passage peintres et poètes fameux tels Verlaine, Rimbaud ou Baudelaire érigés en figures de proue "l'artiste bohème". Les styles, supports et techniques sont hétéroclites : une peinture de Picasso pointilliste, des gravures et des huiles Renaissance ; des lithographies extraordinaires d'Otto Mueller (artiste considéré comme "dégénéré" par le IIIème Reich) et des photographies : un portrait troublant de la Goulue et son acolyte Grille d'égout !
Chacun son rythme. 
Accélération sur le début de la chronologie, LGF n'est pas une fanatique de la grande peinture académique. Delacroix ou Murillo (pas spécialement exposés d'ailleurs !) ne font pas franchement vibrer ma corde. Mais l'exception confirme la règle, lisons la suite.
On ne prend jamais trop le temps de comprendre sur le moment pourquoi telle ou telle image nous magnétise un peu plus qu'une autre. Mais il y en a toujours une. Une au moins. 
Depuis Brune je suis "appelée" par les portraits d'enfants. Me touchaient-ils pareillement jadis ? Je l'ignore. Au travers de ces visages, souvent mélancoliques, je projette Brune et ils me plaisent. Ils me plaisent davantage. Déjà à Orsay (exposition Préraphaélite/Oscar Wilde), j'avais eu ce besoin de retourner à la toile une fois la visite achevée (Mother and Child de F. Leighton). Il s'agissait d'inhaler une dernière fois les couleurs et le visage. Chose rare, j'avais même acheté une petite carte postale... vaine démarche en vue de conserver une trace convenable de ce que j'avais vu. 
Cette fois, j'ai aimé ce regard, qui ne dit rien, mais qui affronte le peintre. On en fait une lecture "lutte des classes" car cela rajoute au mélo. Les gosses des rues, ça fait pleurer dans les chaumières. LGF n'échappe pas à cette nature morte. Rien ne bouge. Les vivants sont posés sur la table comme la carpe à côté de la bouteille et pourtant la fillette, petite maman nonchalante est magnétique. Le poids du réalisme opère ; les correspondances symboliques affluent. 

Enfants tsiganes
August Von Pettenkofen, 1855.
 
L'Art, mon meilleur psychotrope. 
Doux. Apaisant. Rassasiant et follement inspirant.
J'aime bien vous parler de mon petit musée ; ça déborde un peu de partout ce foutoir d'images emmagasinée dans ma mémoire... et puis c'est encore meilleur quand on partage !

Le VoeuTheodor Von Holst
Collection Brian Sewell


Sur l'affiche de l'exposition : Rêverie, Charles Amable Lenoir, Collection particulière.

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07 novembre 2012

Une coupette de plus pour l'agent

James Bond (alias Daniel Craig) nous a habitué à du haut de gamme.
Costumes impec taillés sur mesure, coupe fraîche qui limite la casse après une course poursuite dans la pampa, grand seigneur et néanmoins macho-arrogant avec les femmes (qui aiment ça)...
Cependant on nous a caché que 007 est un gros alcoolique... et ça c'est pas glam' du tout, même s'il nous fait le coup des paillettes au casino.
L'agent a un gros bazard dans la poche (comprenez son Beretta), une belle grosse Omega au poignet... et souvent le verre à la main !

La preuve en chiffres et en images.
 De facétieux bondophiles ont mis Craig à l'épreuve. Dos au mur et côte à côte avec le fantôme de ses ancêtres, la vérité éclate aussi bleue que ses yeux... bientôt injectés !
Si Bond n'est pas 24/24 sur le terrain, faut pas s'tromper, c'est parce que le reste du temps il collé au zinc à faire le pilier de bar.
Dire qu'ici on arrive à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Le cinéma est capable de tout, même de transformer un alcoolo-flambeur en gentlemen panaché !
 Dans Casino Royale, l'agent se la raconte tellement qu'il invente sur le champ un cocktail nommé Vesper : summum du sex appeal aux yeux de l'héroïne. Je cite :
"A dry Martini, one. In a deep champagne goblet"
"Oui, monsieur"
"Just a moment. Tree measures of Gordon's, one of vodka, half a measure of Kina Lillet. Shake it very well until it's ice-cold, then add a large thin slice of lemon peel. Git it ?"
"Certainly monsieur."

Et hop', emballée la nana !
Nouvelles aventures : même recette.
Nous sommes dans Skyfall. Toujours une brune... mais cette fois, Bond ne pousse pas le vice, il ne sert pas tout à fait le même couplet : c'est ça la grande classe ! Cette fois il balance du champ'... et grâce au placement de produit nous aurons la chance de savoir qu'il fait péter du Bollinger.
Carrément moins excitant : la bière au lit. 
Que s'est-il passé ? A t-on lobotomisé 007 ? 
Disparu le dur de dur qui tient à l'alcool (le vrai) comme tout mec qui se respecte. Affalé et gros bourrin dans une chambre d'hôtel minable, ça picole une binouze en loucedé, une souillon au bras ! On est tombé bien bas... mais c'est le jackpot pour Heinekein. 
Enfin, terminons par les short-drinks, qui font de Bond notre écossais favori. En matière de whisky on ne l'a fait pas au super agent : du Macallan, et du 50 sinon rien. 2850 € la bouteille. Ça fait cher la cuite ... 

CQFD.
NB : Allez James, ne nous fait pas marcher : le coca, c'est juste pour le fric non ?

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28 octobre 2012

Patrick Roger #3

Régulièrement, LGF devient le relais publicitaire du fameux chocolatier Patrick Roger. Cette année, Halloween semble refaire surface : réjouissons nous car nous n'avons jamais assez de dates au calendrier pour s'amuser et faire les fous ! 
Question friandises chocolatées ou pâtes d'amandes gourmandes faisons confiance au meilleur ouvrier de France. Nous allons croquer de la citrouille et nous gâter les dents... mais pour le déguisement du 31, c'est de circonstance...

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01 septembre 2012

Frappée fort #2

Bulle comptait beaucoup de désordres dans sa tête mais son intérieur était tracé au cordeau. L'appartement était grand et parfaitement rangé. Dedans, elle vivait seule. Autrefois elle avait vécu avec Neil, mais Neil avait choisi l'adultère pour rentrer aux États-Unis et briser le couple. Au fur et à mesure, elle avait pris le temps d'agencer avec soin chaque pièce et décoré avec goût son décor parisien. Toute chose avait une place ; la place de chaque chose avait été longuement discutée. Elle, pourtant à l'origine du tout, peinait à s'inclure dans la scénographie, s'estimant superflue dans un cocoon absolument parfait. Cet appartement un peu trop dépoussiéré pour certains lui avait valu l'étiquette de fille totalement maniaque et snobinarde. Le verdict établit, elle se demandait par où elle péchait, si l'ordre, le soin et le plaisir d'être un peu esthète constituait un réel vice de forme. 
Les bandes de crêpe ne faisaient pas partie du design intérieur. Bulle s'échinait à cacher ces maudits rouleaux qui envahissaient les placards. Il était inimaginable de les voir traîner ici ou là c'est pourquoi elle passait et repassait méthodiquement d'une pièce à l'autre pour s'assurer que "tout allait bien". Le scénario se répétait plusieurs fois par jour : net, carré, rien qui dépasse.
Des coups dans la chair ; depuis toujours ? On ne sait  pas trop. Des bleus partout, tout le temps, épars. "C'est pas grave. Ça peut pas être grave". Elle se le répète ; souvent. Depuis plusieurs mois qui font des années, Bulle a de plus en plus d'hématomes qui lui maculent les jambes, piquètent les hanches et les coudes. Bulle va trop vite, Bulle se cogne et déchire sa peau. Bleu. Violet. Jaune. Vert. Le sang qui coule sous la peau a les couleurs de l'arc en ciel. 
Limiter la casse. Il était exclu de sacrifier au décor de l'appartement, d'apposer des coins et de recouvrir les meubles de papier bulle, alors Bulle choisit pour solution de rembourrer sa chair. Cela devenait urgent. Elle pris sa décision en observant son corps nu dans le grand miroir. Les jambes comme à l'habitude étaient violacées sur toute la longueur ; le plus spectaculaire était cependant l'arrière des cuisses qui portaient en trace de sang, le transfert de l'assise du rockin'chair Thonet. Elle y siégeait une heure ou deux le soir pour feuilleter ses dossiers du lendemain. Sur la peau claire, s'imprimait tout doucement le motif du cannage en petits pinçons de sang. 
Bulle entama sa momification. Les membres touchés disparaissaient sous le crêpe. Le cérémonial du bandelettage reposait sur l'hygiène et la méthode : elle lavait soigneusement ses mains, saisissait la bande, la plaçait délicatement pour dérouler lentement la pelote. Après une jambe c'était l'autre, puis le bras et ainsi de suite. Bulle admettait que les choses avaient déraillé. Les pansements étaient salvateurs, la mise en scène devenait une obsession. 
Mascarade. Jusque là elle s'en sortait. Elle avait développé une sorte de sixième sens, purement animal afin de masquer la somme de ses complexes et survivre. Chez elle, les bandages étaient cachés dans les placards ; sur elle, ils étaient dissimulés sous des vêtements stratégiques recherchés. De cette contrainte était d'ailleurs né un style, volé à Diane Keaton. Elle avait réglé la question des essayages en fouinant dans les friperies : pas de vendeuses, pas de cabines. Les habits de seconde main n'étaient qu'un autre aspect de l'une de ses obsessions tenaces : tout chiner. Elle pointait exhaustivement les dates des vide-greniers alentours et fluotait avec frénésie les cases sur le calendrier. Les déambulations d'un stand à l'autre était toujours pour elle l'occasion de dénicher un objet, au mieux un meuble pour son intérieur qu'elle rendait ainsi toujours plus unique, jamais ikeaisé. Elle choisissait les pièces avec son coeur, ignorant le prix au risque de l'arnaque. La chaise de style Adam, la coupe en bronze d'Albert Marionnet coûtaient une petite fortune mais jamais autant que le plaisir de les posséder. 
L'homme au chapeau. Il lui avait transmis cette manie de fureter son père. Il était plus ou moins brocanteur ; cela dépendait des circonstances et surtout du besoin en liquidité qui le pressait. Marginal, il était sur le fil de l'insertion sociale. À diverses reprises il avait manqué d'aller en prison, suite à de petites frappes minables qui lui avaient valu de perdre sa compagne, la mère de Bulle. Passé la séparation, la mère et les autorités de la protection infantile avaient décidé que l'enfant ne reverrait plus le père. Bulle n'avait pas posé de question. Elle gardait des contacts homéopathiques avec la mère et s'était faite à l'idée qu'elle n'avait pas de père. Elle avait cependant conservé une photo, volée. Il était beau ce père avec son chapeau. 
Chiner. En septembre, il ne fallait pas manquer la grande braderie de Lille. Elle écuma en vitesse son carnet de contact et arrêta son index sur Fabrice. Fabrice était parfait. Elle composa son numéro de téléphone et en un tourne main, rendez-vous était pris pour le week end suivant. La ville ressemblait à une ruche. Bulle et Fabrice butinait méthodiquement les étals, sans oublier le moindre bibelot. Leurs poches se gonflaient de babioles diverses et le moral de chacun se relançait à chaque acquisition. 
Flash Flipper. Fabrice s'arrêta net devant une série de vieux flippers. Rebelle un temps, il avait eu sa période bar et blouson noir. Les pinball, il en connaissait un rayon. Le vendeur ne plaisantait pas avec la marchandise. Jungle Queen. Un flipper beau à pleurer comme s'il avait fait un bond des années 70 à aujourd'hui. Fabrice s'approcha d'un peu plus près. Le vendeur engagea la conversation pour présenter le Gottlieb, au cas ou, et autorisa à toucher l'appareil. Fabrice se fit prier une seconde fois puis posa d'abord les mains sur la glace avant de les faire glisser de part et d'autre du coffre pour trouver les boutons. La table était hypnotique : les éléphants, les félins, la chevelure aux volutes psychédéliques, tout participait au rêve américain auquel Fabrice n'échappait pas. Bulle se rapprocha pour savourer avec lui le plaisir de remettre à la surface les vieux souvenirs. Les rais du soleil éclairaient durement la table. Les rampes et les cibles étincelaient comme si le flipper était sous tension. L'homme au chapeau leur tendit la main et l'ouvrit dans le même geste : deux boules métalliques y étaient logées. Fabrice saisit l'une d'elles et l'engagea dans le lanceur, juste pour voir. Bulle regardait. Le métal bien lisse roulait, s'aimantait avec rebonds sur les bumpers ; la balle allait et venait au gré des coups plus ou moins violents des flippers. Cela mettait plusieurs tours de suite avant qu'elle ne retombe dans un léger fracas. Il fallait toujours suivre la bille des yeux. À la longue c'était étourdissant. À chaque choc, Bulle repliait son intérieur : elle fronçait légèrement les yeux, serrait ses boyaux si toutefois c'est possible et cessait de respirer. L'homme au chapeau la remarqua et s'approcha d'elle comme pour la soutenir. Bulle sans mot marqua un geste de rejet et saisit Fabrice par le bras. Il y avait urgence.
Viol à main armée. Rentrée chez elle, Bulle n'arrivait pas à enterrer le souvenir de cet homme, de ce stand crasseux et de ce flipper. Elle fit bouillir de l'eau qu'elle passa sur un filtre garni de grandes feuilles noires. Elle laissait toujours la théière ouverte afin de contempler oisivement les volutes fumantes, toutes rondes, toutes plates et horizontales qui s'échappaient vers le haut. Elle porta deux coups secs du bout de l'index sur le verre arrondi de l'aquarium. Le poisson vira de bord et fit un tour. Le verre isolait l'animal : "un bleu sur du rouge ça fait quelle couleur ?". Bulle bu son thé et se recroquevilla dans le fauteuil Jacobsen corail. Elle aimait s'endormir dans cette coquille de feutrine, enroulée sur elle même et cachée. Ce n'était qu'une illusion, mais ainsi, elle se sentait poisson, hors d'atteinte tandis que déroulée elle se sentait exposée à tout. Allégée de quelques idées noires, elle pointa un pied et la jambe suivit. En se déroulant elle délogea un petit papier cartonné coincé sous l'assise. Bulle se pencha afin de saisir la photographie sur le parquet. Le père. Dans ses rêves elle enterrait le corps ; dans les cauchemars, le chapeau finissait toujours par ressortir. Elle tapait fort dessus, mais le Fedora de feutre noir dépassait toujours. Bulle rangeait les dossiers plutôt qu'elle ne les ouvrait. Elle avait placé tout au fond celui du père. Il fallait bien se protéger le coeur. Ça frappait fort dedans. L'homme au chapeau, à Lille ou ailleurs serait toujours là. Dans la tête. Ad vitam les réminiscences de la corde ad vitam celle du couteau entre les dents pour ne pas bouger. Il avait fallu des années et des kilomètres de tissus pour oublier les mains du bourreau. Le faux mort revenait vivant et malgré les couches, il arrivait encore à heurter Bulle au plus profond. 
Peau neuve. Bulle pianota sur le verre du téléphone. Le commerçant en bas livrerait volontiers deux bouteilles de Macallan 12 et rentabilisait sa soirée. Dix minutes plus tard, un jeune homme au teint méditerranéen sonnait. Elle saisi le sac de papier épais et paya la note. L'épicier soignait les commandes et livrait les marchandises comme on porte un bouquet. Bulle appréciait cette attention. Ce soir, les bouteilles arrivaient bien calées, enroulées l'une et l'autre dans une grande feuille souple de polyéthylène. Elle dénoua les gazes de son corps, comme chaque soir mais ne les replia pas pour le lendemain. Son corps d'un strict point de vu dermatologique était parfait. La peau était claire, guérie de tout. Elle déambula avec prudence dans l'appartement et revint s'assoir au creux du fauteuil rouge un verre à la main. Les glaçons tintaient sur le cristal et la chaleur de l'alcool les faisait craquer. Cela faisait un bruit miniature, indescriptible et réjouissant. Bulle n'avait pas forcément le goût des short drinks mais elle appréciait la sensation cotonneuse qui découlait de leur absorption. Elle ingurgita vulgairement plusieurs lampées de whisky pour oublier. Oublier tout et rien, elle ne savait plus trop. La sonnerie du téléphone. Trop tard ; trop loin pour décrocher. Ébriété avancée. D'abominables souvenirs qu'elle ne raccordait pas les uns aux autres lui revenaient en flash back. Elle avait beau courir pour rattraper le fil de son cerveau, sitôt qu'une image apparaissait  elle l'oubliait instantanément au profit d'une nouvelle tout aussi fugace. La soirée avançait, les bouteilles se vidaient. Bulle s'effondra sur le sol. Allongée sur le dos, elle berçait son corps qui tanguait mécaniquement d'un flanc à l'autre. C'est la tête qui impulsait le mouvement. Alors dans un éclat de rire ivrogne, elle se mit à rouler entière sur le sol. Lavée des tabous elle devenait à nouveau petite enfant et roulait sur la pente, grand foetus. Les jambes s'enchevêtrait dans les franges du tapis, elle bousculait le guéridon et s'entortilla enfin dans l'emballage précautionneux de l'épicier. 
À mi chemin entre le coma et l'asphyxie, Bulle partait plus protégée que jamais, le visage filmé de plastique bulle. Ad vitam

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31 août 2012

(Presque) aussi vieux que le monde


Qui l'eu cru ?
Me hasardant sur le site de HiPP afin de choisir le futur lait de Brune Chérie, je tombe sur l'histoire de l'entreprise et vais de surprises en surprises : il s'agit d'une société allemande... et ancienne qui plus est.
Comment résister à faire partager ici quelques images du packaging vintage des premier petits pots ?

  • En Allemagne, la farine de biscottes pour enfants fut vendue jusque dans les années 50. Vers le milieu du 20e siècle, Georg Hipp, suivant le modèle américain, décida de se lancer dans la fabrication industrielle de nourriture infantile. C'est ainsi que dans les années 1956/1958, il mit quatre nouveaux produits sur le marché : deux variétés à base de légumes et deux variétés composées. Ce fut une grande innovation, car c'était la toute première fois que de la nourriture pour bébés était fabriquée industriellement et vendue en Allemagne.Très rapidement (1959/1960) l'emballage subit une transformation importante. La boîte fut remplacée par un emballage en verre plus pratique et plus hygiénique. L'éventail des produits HiPP connut un développement fulgurant. C'est ainsi que les mamans purent bientôt acheter des jus, des préparations à base de viande, des desserts, des menus pour enfants et des bouillies à base de céréales complètes et de fruits.

Sur le site http://www.hipp.fr/

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